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Tout, vous saurez tout sur le velours !

L’automne dernier, j’avais acheté un coupon de velours milleraie bordeaux en vu de réaliser cette jolie robe chasuble de chez Make My Lemonade. La bouche en cœur, je l’avais mis à laver, dans un cycle de nuit à 30 degrés délicat. Le lendemain, je retrouvais le coupon complétement abîmé, couverts de traces. Inutilisable, gâté, fichu. Le velours n’a pas supporté de rester des heures chiffonnées apparemment. Cette première expérience m’avait tellement dégoûtée que j’avais remis le projet à plus tard, jusqu’à il y a peu. Et comme, on ne m’y reprend rarement à deux fois, cette fois-ci, j’ai bien potassé pour dompter le velours et je vous dis tout dans ce billet!

Mais avant, petite présentation du patron et du tissu : 

La robe salopette Catherine

Boutique parisienne, collection de prêt-à-porter pop et colorée, patrons de couture papier ou, en PDF sous forme d’abonnement mensuel, Make My Lemonade fait figure de projet hybride dans le petit monde de la couture.

Je suivais depuis quelques années les aventures de la créatrice Lisa Gachet, admirant toutes ses pièces, imaginées avec une touche de rétro. Il me tardait donc de pouvoir tester un de ses patrons.

Mon amour pour le confort m’a naturellement orienté vers Catherine. Robe chasuble ou salopette, Catherine a une coupe légèrement évasée, deux poches plaquées l’une sur l’autre sur le devant et deux dans le dos. Évidemment, deux bretelles viennent compléter l’ensemble, avec pour détail des boutonnières, en guise et place des attaches de salopette habituelles.

Le velours côtelé

J’avais envie d’un velours côtelé… mais pas trop, en coloris bordeaux foncé mais pas trop, souple… mais pas trop. Mais surtout, il fallait qu’il puisse s’entretenir sans trop de conditions spécifiques !

Et bien, figurez-vous que j’ai trouvé la perle rare chez Permacouture, une boutique de tissus en ligne, spécialisée dans les tissus éco-responsables, c’est-à-dire, fabriqués en Europe et certifié GOTS.

Sans le hasard d’Instagram, je serai passée à côté de cette pépite. Cela aurait été bien dommage tant la douceur de ce velours est dingue. La qualité est aussi sans appel !

Travailler le velours

Le velours fait parti des tissus qui font peur. Et pour cause, il y a un certain nombre de précautions à suivre pour le travailler et l’entretenir. Pour se faire, je me suis principalement basée sur le livre La Couture Pratique de Burda et différentes informations glanées ici ou là, dans mon entourage. J’ai aussi demandé conseil à Permacouture, notamment pour la phase lavage. 

Le sens du velours

Quel que soit le velours que vous aurez en main (milleraie, côtelé, raz…) celui-ci aura un sens. Afin de le déterminer, il suffit de caresser l’étoffe.

La sensation « rêche » sous vos doigts, signifie que vous êtes dans le sens contraire du tissu et la sensation douce, dans le sens qu’il convient. Après vous faîte bien ce que vous voulez, hein! Mais il est préférable, pour le coup d’œil de toujours se tenir au sens choisi, lors de la découpe des pièces.

La préparation du tissu et le lavage

Avant de le laver, j’ai pris soin de surjeter les bords à vif, pour éviter que des moumoutes se forment et se collent partout sur le velours. Le passage à la machine s’est fait à basse température et en mode délicat, en ajoutant un petit godet de vinaigre dans le bac d’assouplissant, selon les conseils de Permacouture.

La peur au ventre. Je l’avoue.

Mais le tissu n’a pas bougé d’un poil. Ouf ! Le vinaigre permet de fixer la couleur du velours.

Le séchage à plat me semble également tout indiquer pour éviter toutes potentielles marques.

Le repassage

L’important, lorsqu’on repasse du velours est d’éviter d’écraser ses poils, de le lustrer. L’idéal est prendre un autre tissu en velours (j’ai pris celui qui était abimé, cqfd), de le poser sur la table à repasser, dans le sens contraire de celui que vous travaillez. Posés l’un sur l’autre de cette manière, les poils vont ainsi s’imbriquer lors du repassage et sont ainsi protégés du lustrage. L’autre action essentielle est de repasser par légères pressions et non des va-et-vient. Il va s’en dire que la chaleur du fer n’est pas très élevée (programme soie pour ma part).

Il me semble, au fil de mes recherches, que les avis s’opposent sur l’utilisation de la vapeur. J’ai choisi de faire sans et je n’ai pas eu de souci.

La découpe

Comme pour la viscose, j’ai fais le choix de couper les pièces une par une, sans les mettre au pli, pour éviter tout risque de marquage. Ici, ça a été une étape assez minutieuse, car ce velours qui contient de l’élasthanne, avait tendance à se rétracter autour des épingles.

Tout bâtir avant de coudre

Pour éviter tout coup de fer malencontreux, j’ai bâti tous les ourlets et remplis à la main.

De même, il est nécessaire de bâtir avant l’assemblage de deux pièces, car si on ne le fait pas, le contact des poils entre eux font décaler les pièces. Et ça, on aime pas.

il est préconisé de faire deux lignes de points lancés obliques ou chevron, que l’on bâti autour de la zone qui va accueillir le point droit de la machine.

Vue du point lancé oblique, sur le devant et le dessous
(Quel régularité dans les points, n’est-ce pas…)

Et oui, croyez-le, j’ai fais çà pour TOUS les assemblages… Il faut donc s’armer de patience.

L’assemblage

A la machine, j’ai troqué mon pied presseur habituel pour un pied en téflon afin de faciliter la couture. On peut aussi rajouter du papier de soie ou du film alimentaire en dessous du tissu pour optimiser l’entraînement de la machine. Sur la mienne, cela n’était pas nécessaire.

Le bilan de ma cousette 

J’ai beaucoup appris techniquement. Le résultat est là ! Cela ne me fait plus peur de travailler le velours mais je n’en coudrai pas tous les jours, car j’ai passé un grand nombre d’heures sur cet ouvrage.

Le seul et vrai petit bémol de cette expérience vient du patron en lui même, et des petites erreurs rencontrées (repères absents sur une de patron ou indiqués sur une mauvaise pièce, incohérence entre le nombre de passants à découper, par rapport au dessin technique…).

Ceci dit, le livret est clair et illustré de photo en couleur. Il existe aussi une vidéo sur leur site pour aider au montage de la robe, mais je n’ai pas ressenti le besoin de m’y référer.

La même salopette, ça vous branche ?

*****

N’hésitez pas à partager vos astuces pour le travail du velours, je serai curieuse de connaître ce que vous faites.

A bientôt,

— Marina —

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